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Tensions diplomatiques : Moscou critique la stratégie européenne envers Donald Trump sur la question ukrainienne

Tensions diplomatiques : Moscou critique la stratégie européenne envers Donald Trump sur la question ukrainienne

Dans le contexte d’une guerre en Ukraine qui s’enlise, les relations entre Moscou et les capitales européennes traversent une nouvelle zone de turbulences. Le Kremlin a reproché ce lundi aux dirigeants européens de vouloir, selon lui, infléchir la position de Donald Trump vis-à-vis du conflit ukrainien, et ce, de manière jugée « maladroite ».

Interrogé lors d’une conférence de presse quotidienne, le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, a déclaré que la Russie observait « avec attention » les diverses initiatives européennes visant l’ancien président américain, actuellement candidat à sa réélection en novembre prochain. « Nous voyons des tentatives assez maladroites de l’Europe d’influencer la future position de Donald Trump en matière de politique étrangère, notamment concernant le conflit en Ukraine, et nous y prêtons une grande attention », a déclaré M. Peskov.

Au-delà du ton employé par Moscou, ces propos témoignent de l’inquiétude grandissante de la Russie face à l’évolution du soutien occidental à l’Ukraine. Certains dirigeants européens multiplient en effet les signaux à destination du camp républicain américain, alors que beaucoup redoutent qu’une éventuelle victoire de Donald Trump se traduise par une diminution – voire une remise en cause – de l’aide apportée à Kyiv. De Berlin à Paris, en passant par Bruxelles, nombre d’acteurs européens cherchent ainsi à baliser le terrain afin de maintenir la cohésion transatlantique.

La perspective d’un retour de l’ancien président américain à la Maison Blanche attise de nombreuses incertitudes sur le Vieux Continent. Ces dernières semaines, plusieurs hauts responsables européens ont discretement engagé des échanges avec l’entourage de M. Trump, dans l’espoir de défendre la stabilité de l’engagement atlantiste face à la Russie. Beaucoup craignent que les velléités isolationnistes jadis affichées par l’ex-président – et ses propos ambigus sur la défense collective de l’OTAN – ne s’accompagnent d’une pression sur l’Ukraine pour négocier avec Moscou.

Côté russe, ce jeu diplomatique n’est pas passé inaperçu. « Nous comprenons pourquoi ce sujet agite tant de monde en Europe », a insisté Dmitri Peskov. Le Kremlin surveille de près les déclarations des leaders occidentaux comme celles de Donald Trump qui, durant la campagne électorale, a laissé entendre qu’il pourrait avoir une approche bien différente de celle de l’actuel président, Joe Biden. « Il est clair que beaucoup de politiques de l’Union européenne comptent sur le statu quo, trés inquiets d’un quelconque revirement à Washington », a ajouté M. Peskov.

Pour Moscou, la question de l’aide occidentale à l’Ukraine est au cœur du rapport de force avec Kyiv. En période de stagnation sur le front, une éventuelle réduction du soutien militaire ou financier occidental pourrait rebattre les cartes du conflit. Plusieurs responsables russes ont déjà dit ouvertement qu’ils misaient sur la lassitude de l’Occident pour affermir la position du Kremlin dans de futures négociations.

Reste que, selon la plupart des observateurs, rien n’indique pour l’instant une inflexion majeure de la politique américaine, même si le débat reste vif au Congrès et parmi les candidats à la présidentielle. Les Européens, eux, semblent plus que jamais engagés dans une diplomatie préventive, conscients des conséquences géopolitiques d’un éventuel retrait – même partiel – de leur allié américain du dossier ukrainien.

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