Tensions commerciales : la Suisse subit les caprices douaniers de Donald Trump
Pour la Confédération helvétique, les années Trump ont marqué une ère d’incertitude sur le plan commercial. Les droits de douane, arme économique privilégiée de l’ancien président américain, ont touché de plein fouet plusieurs partenaires des États-Unis, y compris la Suisse, souvent considérée comme un acteur neutre sur la scène internationale.\n\nSelon plusieurs sources diplomatiques suisses, les relations bilatérales ont connu des turbulences inédites dès le début du mandat de Donald Trump. Alors que le président américain n’a cessé d’afficher sa volonté de défendre coûte que coûte les intérêts économiques américains, la Suisse a vite compris que son statut d’État neutre ne la préservait pas des mesures protectionnistes décrétées depuis Washington. « Le jour de l’appel, il était de mauvaise humeur… », confie, sous couvert d’anonymat, un diplomate helvétique ayant participé à des pourparlers sensibles durant cette période.\n\nDans la ligne de mire : les droits de douane sur certains produits industriels et agricoles exportés de Suisse vers le géant américain. Pour les industriels helvétiques, ces taxes ont été reçues comme un coup dur, sapant la compétitivité de secteurs aussi variés que la métallurgie, la chimie ou encore les machines-outils. « Face à l’imprévisibilité de la position américaine, certains contrats ont été repoussés, suspendus, et parfois annulés », explique un responsable de Swissmem, la fédération des industries mécaniques et électriques.\n\nLes autorités suisses ont tenté de réagir en multipliant les démarches diplomatiques. Des demandes de dérogations et d’exemptions ont été adressées à la Maison-Blanche, sans garantie de résultats. Les efforts se sont parfois heurtés au caractère imprévisible du président américain. « Le ton pouvait changer du tout au tout, raconte un négociateur suisse. L’état d’esprit du chef de l’État influençait le cours des discussions, parfois au détriment de toute logique économique ou diplomatique. »\n\nL’émotionnel semblait parfois primer sur la stratégie à long terme, au point de rendre difficile toute anticipation pour les entreprises suisses. Cette instabilité a contraint nombre d’acteurs économiques à revoir leurs stratégies d’exportation et à chercher à diversifier leurs marchés. « Les États-Unis restent importants, mais nous avons dû accélérer nos démarches vers l’Asie », confirme un chef d’entreprise du canton de Vaud.\n\nDu côté du gouvernement suisse, la période Trump a servi de catalyseur à une réflexion approfondie sur la dépendance à certains marchés. Mais les leçons tirées de cet épisode ne sauraient occulter la réalité d’une mondialisation de plus en plus conflictuelle, où même les pays traditionnellement neutres ne sont plus à l’abri des tempêtes politiques venues d’ailleurs.\n\nAlors que la Maison-Blanche affiche désormais une volonté de renouer avec des pratiques plus prévisibles sous la présidence Biden, certains craignent déjà un retour de l’incertitude à la faveur des prochaines échéances électorales américaines. La Suisse, pour sa part, garde en mémoire la cristallisation des tensions survenue « le jour où, d’un simple coup de téléphone, la mauvaise humeur d’un homme a bousculé l’équilibre subtil de ses échanges commerciaux avec le plus grand marché mondial. »



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