Bernard Arnault dénonce fermement la taxe Zucman, évoquant un risque majeur pour l’économie française
Le débat sur la mise en place d’une nouvelle taxe sur les ultra-riches s’intensifie en France, alors que la proposition portée par l’économiste Gabriel Zucman suscite de vives réactions dans les milieux patronaux. Figure emblématique du capitalisme français, Bernard Arnault, PDG du groupe LVMH et principal fortune du pays, est récemment monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une menace directe à la compétitivité et à l’attractivité de l’Hexagone. \n\n Selon le dirigeant du numéro un mondial du luxe, l’instauration de ce nouvel impôt sur le patrimoine des grandes fortunes enverrait un signal désastreux à l’ensemble des investisseurs internationaux. « Une volonté de mettre à terre l’économie française », a-t-il estimé, jugeant ce projet non seulement inefficace, mais aussi contre-productif. Bernard Arnault s’inquiète des conséquences d’une telle mesure, qui risquerait selon lui d’inciter les entrepreneurs et les capitaux à s’exiler, affaiblissant durablement le tissu industriel et la capacité d’investissement du pays. \n\n La taxe, portée dans le débat public par Gabriel Zucman, professeur à l’université de Berkeley et spécialiste reconnu de la fiscalité internationale, vise à instaurer une imposition minimale mondiale sur le patrimoine des milliardaires, au taux proposé de 2%. L’idée serait de rendre effective une taxation sur les avoirs, incluant les actions, l’immobilier ou d’autres actifs, afin de réduire les inégalités et de financer la transition écologique ainsi que les politiques publiques. Une vingtaine de pays, incluant la France, ont déjà exprimé leur volonté de débattre de ce projet sous l’égide de l’OCDE. \n\n Dans une récente intervention, Bernard Arnault a défendu le modèle entrepreneurial français, insistant sur le rôle moteur des grandes entreprises dans l’économie nationale. « L’industrie du luxe que nous représentons crée des centaines de milliers d’emplois directs et indirects, contribue lourdement au budget de l’État et participe au rayonnement du pays à l’échelle internationale », rappelle-t-il. Le milliardaire souligne également le risque de décourager les initiatives et l’investissement, éléments selon lui clé pour assurer la croissance future. \n\n À l’inverse, les partisans du projet Zucman estiment que la concentration extrême des richesses nuit à la cohésion sociale et limite les marges de manœuvre des pouvoirs publics. Ils avancent que plusieurs rapports internationaux, dont ceux d’organisations comme l’OCDE ou Oxfam, dressent le constat d’une aggravation des inégalités patrimoniales depuis la crise financière de 2008. Selon eux, la mise en œuvre d’une fiscalité plus ambitieuse sur les détenteurs de très grands patrimoines est à la fois une mesure de justice et de modernisation du système fiscal. \n\n La polémique relance un débat déjà ancien en France sur la fiscalité des grandes fortunes, tombée dans une certaine torpeur depuis la suppression de l’ISF en 2017. Si le gouvernement temporise pour l’heure, redoutant un exode fiscal et un frein à l’investissement, l’initiative de Gabriel Zucman a remis le sujet au cœur de l’actualité. Les prochains mois s’annoncent cruciaux pour clarifier la position de l’exécutif, alors même qu’approchent les élections européennes et que les questions de pouvoir d’achat et de redistribution occupent une large part des préoccupations citoyennes.



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