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Criminalité verte : inquiétante progression des mafias spécialisées dans l’environnement

Criminalité verte : inquiétante progression des mafias spécialisées dans l’environnement

Les organisations criminelles traditionnelles diversifient leurs activités et investissent de nouveaux territoires : l’environnement et son exploitation illégale représentent désormais un terrain particulièrement profitable. Selon plusieurs sources, la criminalité liée à l’écologie, surnommée « criminalité verte », connaît une progression inquiétante à l’échelle mondiale. \n\nDiscrète et rarement priorisée par les autorités, cette criminalité s’étend pourtant à une multitude de secteurs : déforestation illégale, trafics d’animaux protégés, pêche et chasse interdites, exploitation illicite de ressources minérales, trafic de déchets toxiques. Selon un haut responsable de l’agence européenne Europol, cité dans l’enquête, « chaque mafia a désormais son domaine d’expertise », exploitant les failles des législations environnementales pour étendre leur empire criminel. \n\nSi les mafias italienne, albanaise ou russe étaient jusqu’ici principalement connues pour le trafic de drogue, d’armes ou d’êtres humains, elles sont désormais impliquées systématiquement dans l’exploitation illégale des ressources naturelles. À la clé : des profits importants et des risques judiciaires bien moindres que ceux encourus pour d’autres activités illicites. Cette situation s’explique, selon les enquêteurs, par la relative faiblesse des contrôles dans le secteur environnemental, mais aussi par la complexité du droit applicable et la difficulté de coordination entre les polices nationales et les agences internationales. \n\nLe préjudice pour l’environnement est considérable : des forêts disparaissent à un rythme accéléré sous l’emprise de groupes mafieux, qui revendent le bois sur les marchés internationaux. Des espèces animales protégées font l’objet d’un commerce clandestin très lucratif. Dans certains cas, la contamination de sites par des déchets toxiques illégalement rejetés entraîne de graves risques sanitaires pour les populations locales. \n\nEn parallèle, la criminalité verte adopte les codes des organisations classiques : menaces, corruption, intimidation des journalistes et des lanceurs d’alerte. Une avocate spécialisée dans la protection de l’environnement affirme que « les ONG et les responsables locaux qui tentent de s’opposer à ces trafics deviennent des cibles ». Selon INTERPOL, plusieurs militants écologistes ont récemment été victimes d’agressions, voire d’assassinats liés à leurs enquêtes. \n\nFace à cette évolution rapide, les autorités européennes et internationales peinent encore à adapter leurs moyens. Certaines initiatives émergent néanmoins, à l’image de la création de nouvelles unités spécialisées au sein d’Europol, ou de la coopération accrue avec les agences de protection de la nature. Mais la tâche demeure immense. \n\n« Il est grand temps de placer la criminalité environnementale au centre des politiques publiques », alerte un expert, soulignant l’importance de la prévention mais aussi de la répression. Car si la mafia verte prospère aujourd’hui, c’est avant tout en raison du manque d’attention accordée à ses activités, longtemps jugées secondaires face aux autres formes de criminalité organisée.

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