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Artha ambitionne de réinventer les lunettes connectées au service des malvoyants

Artha ambitionne de réinventer les lunettes connectées au service des malvoyants

Pour les millions de personnes souffrant de déficience visuelle en France, la promesse d’une assistance technologique reste souvent synonyme de frustration. Nombre de solutions connectées s’avèrent complexes à utiliser ou mal adaptées aux besoins du quotidien. Un défi que relève aujourd’hui la start-up française Artha, qui souhaite révolutionner le secteur avec ses lunettes intelligentes.

Fondée il y a trois ans par deux ingénieurs passionnés de nouvelles technologies, Artha a pour ambition de changer la vie des déficients visuels grâce à une innovation au design discret et à l’usage intuitif. « Nous ne rendons pas la vue, c’est vrai, mais nous souhaitons offrir une expérience qui améliore concrètement l’autonomie, » explique Didier Laurent, cofondateur de la jeune pousse. Son équipe a imaginé des lunettes qui ne cherchent pas à se substituer à des aides médicales, mais à venir en complément, en accompagnant les utilisateurs dans leur quotidien.

À première vue, les lunettes Artha ressemblent à n’importe quelles montures modernes. Mais elles dissimulent une concentration de technologies : une caméra miniature détecte les obstacles et analyse l’environnement immédiat, tandis qu’un système audio fournit des instructions en temps réel à l’utilisateur. Grâce à l’intelligence artificielle embarquée, le dispositif est capable d’indiquer la présence d’un objet sur le chemin ou encore de lire des panneaux de signalisation à voix haute. « Nous avons voulu rendre notre innovation la plus transparente possible. L’utilisateur bénéficie d’une assistance sans gestes compliqués et sans interface envahissante, » détaille Didier Laurent.

L’un des points forts du produit réside dans sa simplicité d’usage. À la différence de certains concurrents, Artha mise sur une activation instantanée du guidage vocal via un bouton unique. Pas d’écran, pas de menu : la priorité est donnée à l’immédiateté et à la sécurité. Cette philosophie répond à un constat partagé par les associations de malvoyants, fréquemment consultées durant le développement du projet. « Le défi n’est pas de multiplier les fonctionnalités, mais de répondre à un maximum de situations réelles avec le moins d’efforts possible pour l’utilisateur, » rappelle le cofondateur.

Déjà expérimentées dans plusieurs grandes villes françaises, les lunettes connectées suscitent un intérêt croissant. Les retours des premiers testeurs mettent en avant une meilleure autonomie lors des déplacements urbains, en particulier dans les environnements inconnus. « Artha n’est pas une baguette magique, mais c’est un vrai coup de pouce pour sortir de chez soi, prendre les transports ou lire un document dans la rue, » témoigne Béatrice Mourad, malvoyante résidant à Lyon, qui a participé au programme pilote.

La jeune société ne cache pas ses ambitions internationales. Après une prochaine levée de fonds, elle prévoit de lancer la commercialisation du produit à plus grande échelle, en commençant par l’Europe puis l’Amérique du Nord. « La demande dépasse largement nos frontières. Plus de 285 millions de personnes souffrent de déficience visuelle dans le monde, et beaucoup n’ont aujourd’hui aucune solution adaptée, » affirme Didier Laurent. Artha entend ainsi bousculer un marché encore trop souvent dominé par des offres inaccessibles ou inadaptées.

Cette dynamique innovante ne manque pas d’attirer l’attention des observateurs du secteur. Plusieurs fonds d’investissement et acteurs publics s’intéressent désormais à l’évolution d’Artha, qui pourrait bien marquer une étape décisive dans l’intégration des nouvelles technologies au service de l’inclusion. Reste à voir si la jeune pousse française parviendra à transformer l’essai sur la durée, et ainsi démocratiser l’accès à une autonomie retrouvée pour les personnes malvoyantes.

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