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Edouard Philippe Propose un Nouveau Pacte Fiscal : Moins d’Impôts Pour les Entreprises, Moins d’Aides Publiques en Contrepartie

Edouard Philippe Propose un Nouveau Pacte Fiscal : Moins d’Impôts Pour les Entreprises, Moins d’Aides Publiques en Contrepartie

Edouard Philippe, ancien Premier ministre et fondateur du parti Horizons, a avancé une proposition audacieuse pour réformer le système fiscal français. Lors d’une récente intervention, il a suggéré de réduire la charge fiscale pesant sur les entreprises, tout en diminuant parallèlement les aides et subventions qui leur sont accordées par l’État. Ce « deal fiscal », comme il l’appelle, vise à rééquilibrer les leviers de soutien économique tout en cherchant à restaurer la compétitivité de l’économie française.

Selon Edouard Philippe, la France se singularise en Europe par un niveau élevé de prélèvements obligatoires sur les entreprises, c’est-à-dire l’ensemble des impôts et charges sociales qu’elles doivent acquitter. Un impératif qui, selon lui, pèse sur leur capacité à investir, embaucher et innover, alors que dans le même temps les pouvoirs publics compensent cette pression via toute une série d’aides, de subventions et de dispositifs d’incitation.

Pour l’ex-Premier ministre, ce système engendre une forme de complexité et de dépendance. Les entreprises doivent composer avec une fiscalité lourde, mais bénéficient en parallèle d’un soutien public massif, réparti en de multiples guichets administratifs. Ce modèle, estime-t-il, alimente la défiance et l’inefficacité, en multipliant les circuits de dépense publique et en installant certains acteurs économiques dans une forme d’attentisme à l’égard des décisions gouvernementales. « Il est temps de remettre à plat cette relation entre l’État et les entreprises », a-t-il ainsi martelé.

La proposition d’Edouard Philippe s’articule donc autour d’un principe simple : moins d’impôts, mais aussi moins d’aides. Concrètement, cela signifierait baisser significativement la fiscalité pesant sur les sociétés, qu’il s’agisse de l’impôt sur les sociétés, des cotisations sociales ou de la fiscalité locale, mais en contrepartie, réduire la voilure des dispositifs de soutien étatique aux entreprises. Parmi ceux-ci figurent notamment le crédit d’impôt recherche, le dispositif d’exonération sur les heures supplémentaires, ou encore les nombreuses aides à l’embauche, à la transition écologique, à l’innovation, ou les soutiens territoriaux.

Ce « deal » vise à clarifier et simplifier le cadre fiscal pour les chefs d’entreprise, tout en limitant la charge administrative induite par la gestion de multiples dispositifs d’aides. Il réduit également les marges de manœuvre du gouvernement pour orienter directement l’économie par la subvention, prônant une régulation plus neutre, basée sur la confiance dans l’initiative privée.

Cette proposition s’inscrit dans le débat plus large autour du « quoi qu’il en coûte », la stratégie interventionniste menée pendant la crise du Covid-19, et qui a abouti à une hausse importante de la dépense publique. Edouard Philippe estime qu’il est désormais temps d’engager une nouvelle phase, où les entreprises seraient moins dépendantes de l’État, mais bénéficieraient d’un environnement fiscal plus favorable.

Reste à savoir comment ce projet pourrait s’appliquer en pratique, tant les aides publiques aux entreprises sont hétérogènes et imbriquées dans le tissu économique. Les partisans d’une modulation ciblée des baisses d’impôts et d’aides, selon les secteurs et la taille des entreprises, plaident pour une approche graduée afin de ne pas fragiliser les acteurs économiques les plus exposés à la concurrence internationale ou ceux engagés dans des transitions majeures.

En lançant ce débat, Edouard Philippe entend repositionner la question de la compétitivité française au cœur de l’agenda politique, à l’approche de la prochaine présidentielle. Reste à voir si sa proposition saura recueillir l’assentiment du patronat, des partenaires sociaux et des acteurs publics, ou si elle ravivera, à l’inverse, les craintes d’un retrait trop abrupt de la main publique dans l’économie nationale.

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