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L’excédent commercial chinois franchit pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars

L’excédent commercial chinois franchit pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars

La Chine a enregistré en 2023 un excédent commercial inédit, dépassant pour la première fois le seuil des 1 000 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année. Selon les chiffres publiés par l’administration générale des douanes, le solde des échanges cumulés de la deuxième économie mondiale s’est établi à 1 015,8 milliards de dollars, signant ainsi un nouveau record absolu. Un résultat qui illustre à la fois la solidité de la machine exportatrice chinoise et les défis persistants auxquels fait face la demande intérieure.

Si les exportations chinoises n’ont progressé que modestement, la baisse de la facture des importations a permis au solde commercial de bondir. La Chine a exporté pour 3 389,5 milliards de dollars de marchandises sur l’année, en recul de 0,6 % par rapport à 2022, tandis que les importations ont chuté de 5,5 % sur la même période, pour s’établir à 2 373,7 milliards de dollars. Cette dynamique contraste nettement avec le boom commercial des années précédentes, qui avait été porté par la reprise post-pandémique et une demande mondiale particulièrement soutenue.

Les données révèlent néanmoins une diversification des partenaires et de la nature des produits exportés. Alors que les ventes à destination des États-Unis et de l’Union européenne ont décliné, le commerce avec les pays d’Asie du Sud-Est, du Proche-Orient ou avec la Russie s’est montré plus résilient. La progression marquée des livraisons de véhicules électriques, de batteries et de produits à haute valeur ajoutée témoigne aussi d’une montée en gamme de l’offre chinoise à l’export.

Cet excédent commercial record intervient alors que plusieurs pays accusent Pékin de déséquilibrer le commerce mondial, notamment par la surcapacité de certains secteurs manufacturiers et le recours à des politiques industrielles jugées agressives par les partenaires occidentaux. Les tensions commerciales se sont d’ailleurs accrues au fil de l’année, à la suite de l’imposition de nouveaux droits de douane sur certains produits chinois – dans l’automobile électrique ou les équipements solaires – par l’Union européenne et les États-Unis.

En interne, ces chiffres révèlent également l’atonie persistante de la demande chinoise. Le niveau des importations reste en effet inférieur aux attentes, tant pour les biens de consommation que pour les matières premières. Les politiques de soutien à la consommation et à l’investissement n’ont pour l’instant pas suffi à relancer pleinement la dynamique intérieure, alors même que Pékin s’efforce de rééquilibrer son modèle économique.

Pour les analystes, cet excédent record pourrait renforcer les frictions commerciales dans les mois à venir, à l’approche notamment des échéances électorales américaines et européennes. De son côté, le gouvernement chinois s’est félicité de la résilience de ses entreprises exportatrices, tout en reconnaissant la nécessité d’accélérer la transition vers une croissance tirée par l’innovation et la demande domestique. Les prochains mois seront décisifs pour jauger la capacité du pays à conjuguer ambition industrielle, ouverture commerciale et équilibre macroéconomique.

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