Transition énergétique : Guillaume Texier (Rexel) déplore la rigidité réglementaire de l’Union européenne
Dans un contexte où la transition énergétique occupe une place centrale dans les politiques publiques européennes, Guillaume Texier, directeur général du groupe Rexel, alerte sur la nécessité d’une approche plus flexible de la part de l’Union européenne. Selon lui, la rigidité actuelle du cadre réglementaire européen freine la capacité des entreprises à transformer les défis de la transition énergétique en véritables opportunités économiques.\n\nInterrogé sur la compétitivité des entreprises européennes face à la multiplication des réglementations, Guillaume Texier souligne que « l’Union européenne est une zone qui, historiquement, a beaucoup recours à la régulation pour avancer. Mais la transition énergétique exige aujourd’hui davantage de pragmatisme et de souplesse si l’on veut en faire un levier de croissance pour l’industrie européenne ».\n\nLe patron de Rexel, acteur majeur de la distribution de matériel électrique et partenaire clé de la filière de l’énergie, souligne que la réglementation européenne, bien qu’animée par une ambition environnementale légitime, se distingue souvent par sa complexité et par des obligations qui pèsent fortement sur les industriels. « Nous partageons l’objectif de neutralité carbone, mais l’accumulation de normes et la lenteur des processus décisionnels ajoutent une couche d’incertitude qui dissuade l’investissement », explique-t-il.\n\nGuillaume Texier met également en lumière la concurrence accrue avec d’autres régions du monde. Il note par exemple l’agilité des États-Unis, qui a su, avec l’Inflation Reduction Act, allier incitations fiscales massives et flexibilité réglementaire pour accélérer la transition énergétique. « En Europe, l’essentiel de l’effort repose sur la contrainte. Or, il faut également des mécanismes incitatifs pour attirer les investissements et soutenir l’innovation dans la filière », estime-t-il. \n\nChez Rexel, cette situation se traduit par la nécessité d’adapter en permanence ses offres et services afin de répondre à la fois à la demande croissante en solutions énergétiques durables et aux exigences complexes auxquelles le secteur doit se plier. « Notre groupe est prêt à jouer un rôle de locomotive sur le marché de l’électricité verte et de la rénovation énergétique, mais pour cela, il est indispensable que le cadre réglementaire évolue pour devenir un facilitateur plutôt qu’un frein », précise Guillaume Texier.\n\nPour le dirigeant, la transition énergétique ne doit pas être perçue seulement comme un coût ou une source de complexité supplémentaire, mais comme une transformation capable de renforcer la base industrielle européenne. Il en appelle à une « harmonisation intelligente » des normes à l’échelle de l’Union, à une diminution des délais d’application des mesures et à une meilleure concertation avec les acteurs privés, « afin que des solutions efficaces puissent être déployées rapidement et à grande échelle ».\n\nÀ l’heure où l’Europe intensifie ses efforts pour réduire son empreinte carbone, la voix de Guillaume Texier résonne comme un appel au réalisme économique. Pour de nombreux industriels, il est urgent que l’Union européenne adapte ses méthodes pour que la transition énergétique ne se traduise pas, in fine, par une perte de compétitivité, mais bien par une relance industrielle durable et profitable pour l’ensemble du continent.



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