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2025 : une année charnière pour le commerce international selon Nikolaus Lang, du BCG

2025 : une année charnière pour le commerce international selon Nikolaus Lang, du BCG

L’année 2025 s’annonce comme une période de transformation majeure pour le commerce mondial, affirme Nikolaus Lang, directeur général associé du Boston Consulting Group (BCG). Selon lui, « l’année 2025 restera gravée dans l’histoire du commerce mondial », une déclaration qui fait écho aux bouleversements économiques et géopolitiques auxquels la planète se prépare, alors que de nouvelles forces transforment les circuits d’échange et de production.

Depuis plusieurs années, les incertitudes géopolitiques, marquées par la succession de crises – tensions sino-américaines, guerre en Ukraine, instabilité au Moyen-Orient – ont mis à rude épreuve le modèle de mondialisation hérité des années 1990 et 2000. Les chaînes d’approvisionnement, jadis fondées sur le principe de l’efficacité et de la réduction des coûts, se voient aujourd’hui repensées en profondeur. Les entreprises multiplient les stratégies de relocalisation, de diversification et de régionalisation, afin de mieux faire face aux aléas du marché mondial et renforcer leur résilience.

Selon Nikolaus Lang, la conjoncture actuelle encourage une réorientation stratégique des échanges. Le commerce international, qui représentait plus de 60 % du PIB mondial en 2022 selon la Banque mondiale, pourrait ainsi voir sa structure évoluer nettement dans les mois à venir. Portées par l’adoption accrue des technologies numériques, l’accélération de la transition verte et les ambitions renouvelées des grands blocs économiques, les multinationales privilégient de plus en plus la proximité des marchés. Selon les analyses du BCG, la tendance est désormais à la formation de « blocs économiques régionaux », une évolution qui amène à repenser la logique traditionnelle des échanges à l’échelle planétaire.

Cette mutation s’accompagne d’une montée en puissance du concept de « friendshoring », consistant à privilégier les partenaires commerciaux partageant les mêmes valeurs ou intérêts géopolitiques. L’essor de cette pratique impacte déjà des secteurs industriels clés, de l’automobile à l’électronique en passant par l’agroalimentaire, accentuant la polarisation entre différentes aires du globe. Parallèlement, le renforcement des politiques industrielles, la montée du protectionnisme et la multiplication des barrières tarifaires influencent l’équilibre des flux commerciaux et exigent des entreprises une capacité constante à s’adapter.

Nikolaus Lang relève également le rôle de l’intelligence artificielle et de l’automatisation dans la refonte de la logistique globale. Selon lui, ces technologies pourraient bouleverser la performance des chaînes d’approvisionnement, réduire les coûts de transport et accélérer la prise de décision. Dans ce contexte, les entreprises matures s’efforcent d’intégrer ces avancées pour conserver leur avantage compétitif, tandis que les marchés émergents profitent du numérique pour accélérer leur développement à l’export.

En somme, 2025 pourrait bien devenir le symbole d’un nouveau cycle pour le commerce mondial. À l’heure où la stabilité du modèle de libre-échange est remise en question, les acteurs économiques devront plus que jamais repenser leurs stratégies pour garantir leur développement. Selon Nikolaus Lang, les décisions prises aujourd’hui façonneront durablement le paysage des échanges internationaux pour la prochaine décennie.

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