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Groenland : retour sur un bras de fer diplomatique entre Washington et l’Europe

Groenland : retour sur un bras de fer diplomatique entre Washington et l’Europe

L’été dernier, la planète avait été secouée par la révélation d’un intérêt soudain du président américain Donald Trump pour l’achat du Groenland. L’annonce avait tout d’abord suscité l’incrédulité, tant du côté de la classe politique que de l’opinion publique internationale, avant de déclencher une série de réactions virulentes, notamment sur le Vieux Continent. Mais face à l’hostilité européenne, Donald Trump aurait-il revu sa position ?\n\nEn août 2019, des sources officielles américaines confirmèrent que le président Trump avait évoqué à plusieurs reprises, en privé puis publiquement, la possibilité d’acquérir l’île arctique. L’idée n’était pas nouvelle en soi – les États-Unis avaient déjà tenté la démarche au XIXe siècle – mais elle sonnait en décalage avec les usages diplomatiques contemporains.\n\nLe Danemark, souverain du Groenland, réagit immédiatement, rejetant sèchement l’idée de céder ce territoire. Les responsables européens, tous bords confondus, firent part de leur perplexité puis de leur fermeté face au projet américain. Donald Trump ne cacha pas sa déception, allant jusqu’à annuler, en représailles, une visite d’État prévue à Copenhague quelques semaines plus tard.\n\nTrès vite, les principales chancelleries européennes haussèrent le ton. Bruxelles, Berlin et Paris soulignèrent l’importance stratégique du Groenland pour l’ensemble de la région, rappelant l’attachement de l’Union européenne au respect du droit international et à l’intégrité territoriale de ses partenaires. Des responsables européens évoquèrent, en coulisses, la possibilité d’exclure temporairement Washington de certaines discussions stratégiques sur l’Arctique et de reconsidérer des coopérations spécifiques si la pression américaine s’accentuait.\n\nParallèlement, les leaders scandinaves multiplièrent les mises en garde en direction de la Maison-Blanche. “Le Groenland n’est pas à vendre”, martèla à plusieurs reprises la Première ministre danoise. L’Union européenne afficha une solidarité sans faille avec Copenhague, renforçant ainsi le front du refus face à la Maison-Blanche. Du côté de l’OTAN, quelques voix s’inquiétèrent des potentielles répercussions sur la coopération transatlantique, alors que la Russie et la Chine observaient de près les tensions croissantes autour de la zone arctique.\n\nFace à l’ampleur et à la rapidité de la riposte européenne, la présidence américaine fit progressivement évoluer son discours. Si Donald Trump multiplia les déclarations provocatrices sur les réseaux sociaux, la diplomatie américaine s’efforça de désamorcer le conflit dans les semaines suivantes. De nouveaux efforts de coopération furent annoncés dans le domaine scientifique et environnemental, tandis que la question de l’achat du Groenland disparaissait peu à peu des échanges officiels.\n\nDepuis, la Maison-Blanche s’est gardée de remettre la question sur la table. Selon plusieurs observateurs, la fermeté de la réaction européenne aurait joué un rôle non négligeable dans ce revirement. En quelques semaines, Bruxelles et Copenhague ont démontré leur capacité à s’opposer, ensemble, à une velléité américaine jugée intrusive. Malgré l’imprévisibilité de Donald Trump, les menaces – explicites ou implicites – de l’Europe semblent donc avoir marqué un point.\n\nL’incident du Groenland s’est vite mué en épisode emblématique de la nouvelle géopolitique mondiale, dans laquelle le rapport de force entre États-Unis et Europe rebat régulièrement les cartes. Alors que les enjeux polaires s’annoncent de plus en plus stratégiques, ce bras de fer soulève une question : l’Europe saura-t-elle renouveler ce type d’unité chaque fois que ses intérêts seront menacés ?

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