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Intelligence artificielle : l’heure de l’adoption selon Bruno Sportisse, PDG de l’Inria

Intelligence artificielle : l’heure de l’adoption selon Bruno Sportisse, PDG de l’Inria

L’intelligence artificielle (IA) s’apprête à franchir un nouveau cap. Selon Bruno Sportisse, président-directeur général de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), la technologie a quitté les sphères réservées aux chercheurs pour investir désormais le monde professionnel et la société dans son ensemble. \n\n »L’IA est sortie des laboratoires, le sujet est désormais l’adoption », affirme Bruno Sportisse. À ses yeux, la phase exploratoire, celle où l’IA relevait surtout de la recherche fondamentale et de la mise au point théorique, s’achève progressivement. Désormais, l’enjeu se situe dans le passage à l’échelle et dans la généralisation des usages, que ce soit dans les secteurs économiques, industriels ou dans la sphère publique. \n\nPour le dirigeant d’Inria, la France et l’Europe, fortes d’un écosystème académique de premier plan, disposent d’atouts majeurs pour tirer leur épingle du jeu dans la course à l’intelligence artificielle. Il met en avant le réseau d’institutions de recherche de haut niveau, la qualité des ingénieurs et des scientifiques formés sur le continent, ainsi que les investissements décidés ces dernières années afin de stimuler l’innovation dans ce domaine de rupture. « Nous avons des talents, des compétences et une dynamique entrepreneuriale qui nous permettront de relever le défi », détaille-t-il. \n\nToutefois, Bruno Sportisse insiste : il ne s’agit pas uniquement de produire des modèles d’IA toujours plus puissants ou de battre des records en laboratoire. « Ce qui compte aujourd’hui, c’est la capacité à intégrer l’IA dans les organisations, à transformer des secteurs entiers et à créer de la valeur pour la société », analyse-t-il. Pour y parvenir, il estime indispensable de travailler sur l’acceptabilité sociale de l’IA, sur les questions éthiques et sur l’accompagnement au changement, aussi bien pour les citoyens que pour les entreprises. \n\nSur le plan industriel, le défi porte sur la métamorphose des chaînes de valeur et la démocratisation des usages. « Accélérer l’adoption de l’IA dans les PMI, les ETI, et pas uniquement chez les grands groupes, est crucial pour la compétitivité de notre économie », souligne Sportisse. Cela implique, selon lui, d’accentuer les efforts de formation, de renforcer l’offre de solutions adaptées à chaque secteur et de favoriser les coopérations entre recherche et industrie pour transformer rapidement les avancées scientifiques en innovations commercialisables. \n\nMais l’adoption massive de l’IA n’est pas sans poser d’interrogations. Bruno Sportisse rappelle que l’intégration de ces technologies doit aller de pair avec une réflexion sur les enjeux de souveraineté numérique. L’autonomie technologique de la France et de l’Europe, à ses yeux, dépendra de la capacité à maîtriser les fondamentaux de l’IA, depuis les algorithmes jusqu’aux infrastructures matérielles, sans dépendre exclusivement des grands acteurs américains ou chinois. \n\nEnfin, pour que l’adoption de l’IA soit bénéfique à la société dans son ensemble, le patron de l’Inria insiste sur la nécessité de placer l’humain au centre des transformations. « L’IA doit être un outil au service de la société et non l’inverse », prévient-il, appelant à conjuguer innovation technologique, responsabilité et intérêt général. Pour Bruno Sportisse, après la phase d’expérimentation et d’incubation, l’heure est venue pour l’intelligence artificielle de prouver toute son utilité concrète.

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