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JO 2024 : la Cour des comptes écarte tout dérapage mais souligne un impact économique limité

JO 2024 : la Cour des comptes écarte tout dérapage mais souligne un impact économique limité

À moins d’un mois de la cérémonie d’ouverture, la Cour des comptes a rendu public, ce mardi, son attendu rapport sur l’organisation et le financement des Jeux olympiques de Paris 2024. Tout en saluant la gestion budgétaire du comité d’organisation et des pouvoirs publics, les magistrats financiers nuancent fortement l’effet d’entraînement espéré sur la croissance et l’emploi.\n\nMissionnée de longue date pour surveiller les grandes dépenses associées à l’événement, l’institution de la rue Cambon constate, dans son rapport, que « le coût direct pour les finances publiques demeure sous contrôle ». Les différents porteurs de projets — comité d’organisation (Cojo), villes hôtes, Solideo — ont, selon la Cour, fait preuve d’une vigilance accrue pour contenir les surcoûts, malgré les contraintes inflationnistes et les difficultés d’approvisionnement. Globalement, les investissements sont, pour l’instant, en ligne avec les prévisions. « Aucune hausse budgétaire spectaculaire n’a été décidée », relèvent les auteurs du rapport, qui voient dans cette maîtrise une différence notable avec d’autres olympiades.\n\nLa Cour des comptes souligne néanmoins que cette discipline budgétaire a parfois eu pour contrepartie une réduction du niveau d’ambition de certaines infrastructures, ou encore un recentrage sur ce qui était strictement nécessaire au bon déroulement des Jeux. Certains équipements ou aménagements prévus au départ n’ont pas été réalisés, et les magistrats notent qu’il faudra désormais veiller à limiter les dépenses post-évènement, notamment pour la remise en état des sites ou l’accompagnement des territoires hôtes.\n\nAu-delà de la gestion comptable, la Cour des comptes s’est penchée sur l’effet économique global des Jeux. Elle tempère ici le discours volontariste des partenaires du projet : selon elle, l’impact sur l’activité économique française s’annonce « modeste et à court terme ». Les travaux et préparatifs ont certes dynamisé temporairement l’emploi dans le BTP et certains services (sécurité, restauration, événementiel), mais l’institution estime que ces effets resteront localisés et passagers. Ces emplois, souvent non pérennes, ne suffiront pas selon la Cour à changer durablement la donne sur le marché du travail.\n\nDe même, la Cour estime que l’impact sur le secteur du tourisme sera à relativiser. Si l’afflux de visiteurs est bien réel à Paris durant les compétitions, il pourrait être contrebalancé par une moindre fréquentation des touristes habituels, qui tendent à éviter la capitale lors de grands rassemblements internationaux. Les retombées économiques, en définitive, apparaissent comme limitées, alors que les attentes initiales sur le sujet étaient très élevées.\n\nDans ses recommandations, la Cour des comptes invite donc les autorités à capitaliser sur l’expérience acquise et à préparer un suivi rigoureux de l’après-Jeux. Elle insiste sur le pilotage des dépenses résiduelles, la transformation pérenne des infrastructures olympiques et l’accompagnement des territoires. « La réussite des Jeux ne saurait s’apprécier au seul prisme de l’édifice financier », concluent les magistrats, qui enjoignent à penser dès maintenant à l’héritage des Jeux olympiques de Paris 2024, au-delà du rendez-vous sportif en lui-même.

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