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L’évolution du curriculum vitæ à l’ère de l’intelligence artificielle, selon Laurent Alexandre et Olivier Babeau

L’évolution du curriculum vitæ à l’ère de l’intelligence artificielle, selon Laurent Alexandre et Olivier Babeau

Le marché du travail connaît une mutation sans précédent, portée par l’essor de l’intelligence artificielle (IA) et l’automatisation des tâches. Dans leur ouvrage à paraître, Laurent Alexandre, médecin, entrepreneur et essayiste, et Olivier Babeau, économiste et président de l’Institut Sapiens, avancent une thèse radicale : le curriculum vitæ traditionnel n’aurait plus la même valeur aux yeux des employeurs, face aux bouleversements induits par les nouvelles technologies. Selon les deux auteurs, un nouveau « CV » deviendrait déterminant pour s’imposer dans l’économie de demain.

Ils décrivent dans leur livre une révolution silencieuse : « Aujourd’hui, diplômes, parcours, expériences professionnelles forment le contenu d’un CV classique. Mais ce document, qui était encore le sésame vers l’emploi au XXe siècle, est de moins en moins pertinent dans un monde où la vitesse du changement rend obsolètes les compétences acquises ». Selon Laurent Alexandre et Olivier Babeau, l’obsolescence rapide des savoirs spécifiques condamne à moyen terme le modèle de recrutement basé sur l’accumulation des lignes sur un curriculum vitæ.

La cause de cette transformation ? L’intelligence artificielle, dont la capacité à automatiser de multiples tâches remet en cause des pans entiers d’emplois qualifiés. « L’IA n’est pas seulement une technologie », affirment les auteurs. « C’est un choc anthropologique, qui pousse les individus et les entreprises à reconsidérer la nature même de la valeur professionnelle. » Les « hard skills », autrefois reines, voient leur suprématie remise en question. La faculté d’apprendre, de s’adapter en continu et d’innover devient le nouveau sésame. « Voici le seul vrai CV qui importe désormais : la capacité à apprendre plus vite que les autres », insistent-ils dans l’un des extraits du livre.

À mesure que les algorithmes progressent, les outils et connaissances figés tendent à devenir périssables. Les auteurs mettent en garde : « Demain, les savoir-faire ne seront garants d’aucune sécurité. Ce qui fera la différence, c’est la plasticité intellectuelle et l’agilité à se former tout au long de la vie. » Pour eux, l’esprit critique, la créativité et la rapidité à interpréter puis à combiner des données éparses pour résoudre des problèmes complexes sont appelés à occuper une place prépondérante.

Laurent Alexandre et Olivier Babeau interpellent ainsi tous les acteurs économiques. Les entreprises devront revoir leurs pratiques de recrutement, en privilégiant la détection du potentiel d’adaptation plutôt que la vérification des acquis académiques ou des expériences passées. De leur côté, les salariés et les candidats à l’entrée sur le marché du travail sont invités à repenser leur rapport à la formation, en se préparant à devenir des apprenants permanents.

« Dans un univers où les métiers de demain nous sont pour beaucoup inconnus », concluent-ils, « miser sur l’apprentissage continu et la capacité à naviguer dans l’incertitude représentera le meilleur atout face à l’automatisation galopante ». Un plaidoyer pour une révolution du CV qui, selon eux, dépasse la simple mise à jour de son profil LinkedIn: il s’agit de repenser ce que signifie, en profondeur, être prêt à travailler dans un monde transformé par l’intelligence artificielle.

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