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Upsa privé du label « Fabriqué en France » sur ses produits pharmaceutiques

Upsa privé du label « Fabriqué en France » sur ses produits pharmaceutiques

Le laboratoire pharmaceutique Upsa, installé depuis près d’un siècle à Agen dans le Lot-et-Garonne, ne peut pas apposer la mention « Fabriqué en France » sur ses médicaments, malgré une production quasi intégralement réalisée sur le territoire national. Cette restriction, qui interpelle alors que l’ancrage local de l’entreprise constitue un enjeu à la fois industriel et d’attractivité, trouve son explication dans la réglementation très stricte encadrant l’étiquetage des produits pharmaceutiques en France et en Europe.

À Agen, Upsa emploie plus de 1 200 salariés et expédie chaque année plus de 300 millions de boîtes de médicaments, parmi lesquels figure son iconique Efferalgan. Toutefois, sur ses conditionnements, l’entreprise ne peut revendiquer la mention « Fabriqué en France » ni arborer aucun logo tricolore. Cette interdiction contraste avec les usages en vigueur dans d’autres secteurs industriels, de l’agroalimentaire à la cosmétique, où la valorisation de la fabrication française constitue un argument commercial majeur.

Le paradoxe s’explique par le cadre législatif et réglementaire qui s’applique aux produits pharmaceutiques. En effet, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) impose des contraintes spécifiques sur la présentation et la publicité autour des médicaments. Selon la réglementation européenne, toute indication susceptible d’induire en erreur le patient est prohibée. Or, les médicaments étant le plus souvent composés de principes actifs et d’excipients provenant de plusieurs pays, apposer la mention « Fabriqué en France » serait considéré comme trompeur si l’ensemble des composants ou étapes de fabrication ne proviennent pas exclusivement de France.

Dans le cas d’Upsa, si l’assemblage final, le conditionnement et une partie de la production sont bien réalisés à Agen, les matières premières nécessaires à la fabrication des principes actifs ou des excipients peuvent venir de l’étranger. La mondialisation des filières pharmaceutiques, couplée à la complexité de la chaîne de production, rend donc difficile la revendication d’une fabrication strictement hexagonale. À cela s’ajoutent des arguments sanitaires : le régulateur souhaite limiter toute possibilité d’interprétation commerciale qui détournerait le patient de la dimension médicale du traitement.

Pour faire reconnaître la fabrication majoritaire sur son site d’Agen, Upsa a donc voulu engager une démarche de labellisation, mais se heurte à l’absence d’une certification officielle adaptée aux médicaments relevant des mêmes critères que dans d’autres secteurs. L’obtention du label « Origine France Garantie », très convoité par les industriels, n’est pas possible pour les produits pharmaceutiques à usage humain, contraignant Upsa à une certaine discrétion sur son ancrage local auprès des consommateurs français.

Le sujet soulève des interrogations pour l’ensemble du secteur. Plusieurs acteurs, réunis au sein du Leem (Les entreprises du médicament), plaident pour une évolution de la réglementation afin d’autoriser, sous réserve d’un seuil minimal de fabrication nationale, l’apposition de mentions valorisant l’origine française. Selon eux, une telle évolution permettrait de récompenser les efforts de relocalisation industrielle exigés par l’État dans le contexte de la crise sanitaire. Pour autant, le sujet reste sensible : le médicament n’est pas un bien de consommation ordinaire et exige une prudence renforcée sur les messages adressés au public.

En attendant une éventuelle évolution législative, Upsa poursuit la valorisation de son savoir-faire local par d’autres biais, notamment via sa communication institutionnelle et des visites de site pour les professionnels. Mais pour le grand public, sa production 100 % agenaise reste, pour l’heure, invisible sur les emballages.

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