Les dirigeants du Boston Consulting Group appellent la France à raviver sa culture du risque
Dans un contexte économique international en pleine mutation, la capacité à oser et à sortir des sentiers battus apparaît plus que jamais comme un enjeu de compétitivité. C’est le message qu’ont tenu à faire passer deux hauts responsables du Boston Consulting Group (BCG), qui exhortent la France à renouer avec l’esprit d’initiative et le goût du risque.
Pour ces experts, la France dispose d’atouts solides – une main-d’œuvre qualifiée, une capacité d’innovation reconnue et une position géographique stratégique. Toutefois, selon leur analyse, la culture entrepreneuriale tricolore reste freinée par une certaine aversion au risque, à rebours de pays comme les États-Unis ou la Chine où l’échec est souvent perçu comme une étape du succès.
« La France doit retrouver l’amour du risque », affirment-ils sans détour. Selon eux, le contexte économique actuel impose aux entreprises françaises de repenser leur rapport à l’incertitude. De l’écosystème des start-up jusqu’aux grandes entreprises, la prudence excessive pénalise la rapidité d’adaptation et d’innovation, pourtant indispensables face à la concurrence internationale.
L’environnement réglementaire et fiscal, ainsi que le poids de la tradition administrative, sont aussi pointés du doigt. Les dirigeants du BCG estiment que ceux-ci pèsent sur la prise d’initiatives et freinent la diffusion d’une culture de l’expérimentation au sein des entreprises et des institutions. Ils inscrivent leur analyse dans une perspective historique, rappelant que le tissu économique français s’est bâti sur la capacité d’entrepreneurs à prendre des risques calculés. Aujourd’hui, la frilosité est en partie nourrie par la peur de l’échec, toujours stigmatisée dans la société et par les banques, et par des dispositifs de protection mal calibrés.
Pour y remédier, ils appellent à promouvoir une vision positive de l’audace, tant dans la formation que dans l’accompagnement des entrepreneurs. Il s’agit, selon eux, de réformer en profondeur le récit collectif autour de la réussite et de l’échec, mais aussi d’alléger certains freins administratifs qui limitent la capacité d’expérimenter et de rebondir après un revers. Un environnement plus propice au risque passerait également par une évolution de l’accompagnement financier, avec des dispositifs incitatifs pour les investisseurs prêts à soutenir des projets ambitieux.
La transformation de la culture du risque est également jugée indispensable pour accompagner les grandes transitions industrielles et écologiques à venir. Dans un monde marqué par l’incertitude géopolitique, l’évolution rapide des technologies et les défis liés à la transition énergétique, la France ne peut plus se permettre une approche trop conservatrice, insistent les responsables du BCG.
Enfin, ils reconnaissent que cette mutation culturelle ne se fera pas du jour au lendemain. Elle supposera la mobilisation de l’ensemble des acteurs économiques, académiques et institutionnels, ainsi qu’une volonté politique forte pour impulser le changement. Mais pour les dirigeants du Boston Consulting Group, cultiver l’amour du risque s’impose désormais comme la condition sine qua non pour assurer la place de la France parmi les économies qui compteront demain.



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