Loyers en hausse : un frein à la natalité selon une étude de l’économiste Ben Couillard
Selon une étude récemment publiée par l’économiste Ben Couillard, l’augmentation soutenue des loyers ces dernières années aurait eu un impact significatif et inattendu sur la démographie : les naissances auraient reculé de 11 % dans les zones les plus touchées. Ce chiffre, qualifié de « choc » par le chercheur lui-même, vient relancer le débat sur le coût du logement et ses conséquences économiques et sociales.
Ben Couillard a analysé des données issues de l’Insee et de plateformes immobilières, couvrant l’ensemble du territoire national entre 2017 et 2023. Son étude s’est focalisée sur les villes où les loyers ont connu une hausse supérieure à 15 % durant cette période. Résultat : dans ces communes, la natalité a clairement marqué le pas, dépassant largement le déclin observé dans les autres secteurs, déjà affectés par une baisse tendancielle des naissances depuis le début des années 2010.
Pour expliquer ce phénomène, l’économiste pointe le rôle structurant du logement dans la vie des ménages. « Un loyer élevé pèse lourd dans le budget des jeunes actifs, particulièrement pour les familles en démarrage. Quand le logement devient un poste de dépense trop important, le projet d’enfant est souvent repoussé ou abandonné », détaille Ben Couillard dans le rapport. Confrontés à une forte insécurité financière, les ménages préféreraient différer la parentalité ou se tourner vers des villes moins tendues.
L’étude met également en avant des facteurs corrélés, comme la précarisation croissante de l’emploi ou la progression du travail indépendant, qui fragilisent encore la capacité des ménages à envisager sereinement l’avenir. Mais pour Ben Couillard, le coût du logement demeure la variable la plus déterminante sur la période observée. « Ce qui frappe, c’est la concordance temporelle entre la flambée des loyers et la chute des naissances », insiste-t-il.
Les conséquences pourraient être majeures pour les villes concernées. Une baisse durable de la natalité risque à terme de peser sur le renouvellement des générations, mais aussi sur l’économie locale, les effectifs scolaires ou encore la vitalité du tissu associatif. « Le logement n’est pas qu’un enjeu de pouvoir d’achat ou d’urbanisme : il conditionne largement la dynamique démographique de notre pays », avertit l’auteur de l’étude, qui appelle les pouvoirs publics à prendre la mesure de l’enjeu.
Contactées, plusieurs associations familiales confirment le constat dressé par l’économiste. À la Confédération des familles, on souligne que « de plus en plus de jeunes couples renoncent à avoir un enfant faute de pouvoir s’installer dans un logement adapté », tandis que des témoignages affluent sur la difficulté à trouver des loyers abordables.
Face à ce défi, Ben Couillard recommande un renforcement des politiques de régulation des loyers, spécialement dans les zones en tension, ainsi qu’une offre accrue de logements abordables. « Sans action coordonnée, le risque est qu’une partie croissante de la population soit contrainte de remettre en cause des choix de vie majeurs », estime-t-il. L’étude, largement relayée dans les milieux économiques et politiques, devrait nourrir les prochains débats sur la politique du logement et la démographie française.



Laisser un commentaire