Ryanair avertit d’une nouvelle réduction de ses opérations en France en réaction à la hausse de la taxe sur les billets d’avion
Le climat devient de plus en plus tendu entre le gouvernement français et les compagnies aériennes à bas coût. Le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, hausse le ton à la suite des discussions portant sur une possible augmentation de la taxe sur les billets d’avion, une mesure envisagée afin de financer des investissements dans le secteur ferroviaire et d’accélérer la transition écologique en France.
Dans une déclaration ferme, O’Leary a laissé entendre que la compagnie irlandaise pourrait revoir à la baisse, « encore », la capacité de ses vols sur le territoire français si la fiscalité sur les billets devait s’alourdir. Selon lui, une telle mesure mettrait à mal l’attractivité du secteur aérien français et risquerait d’impacter négativement le pouvoir d’achat des voyageurs, tout en menant à une diminution significative du trafic aérien, notamment au départ des régions.
« Si le gouvernement persiste dans cette voie, nous serons contraints de repenser notre programme de vols en France. Nous avons déjà réduit certaines fréquences, et une nouvelle hausse de la taxe ne ferait qu’accélérer ce mouvement », a averti le patron de la première compagnie low-cost d’Europe. Depuis l’instauration, en 2020, d’une taxe de solidarité sur les billets d’avion, Ryanair estime que l’accumulation de prélèvements fragilise la rentabilité de ses opérations dans l’Hexagone, déjà confrontées à la compétitivité grandissante du train sur les trajets nationaux.
La perspective d’une augmentation fiscale vise, de son côté, à aider à la modernisation du réseau ferroviaire français. Le gouvernement assure que cette politique répond à un objectif ambitieux : faire du rail l’alternative privilégiée à l’aérien sur les distances modérées, dans le respect des engagements climatiques pris par la France. Toutefois, cette démarche crispe durablement le secteur aérien, qui voit se multiplier les restrictions et taxes. Une situation jugée discriminatoire par les compagnies low-cost, qui s’appuient sur les dessertes régionales et une clientèle soucieuse des prix.
Selon Ryanair, la France risque de perdre en attractivité touristique et économique si le coût du transport aérien devient un frein pour les voyageurs. « Les compagnies vont déplacer leurs avions vers d’autres marchés plus accommodants. L’emploi, l’activité dans les aéroports régionaux et le tissu touristique local pourraient en pâtir », déclare Michael O’Leary, qui appelle à un dialogue constructif avec les autorités françaises pour préserver une offre compétitive sur le territoire.
Face à ces tensions, les syndicats d’agents de voyages et les gestionnaires d’aéroports s’inquiètent également des éventuelles répercussions sur l’emploi et la dynamique économique du secteur. En coulisse, les négociations entre le transport aérien et le gouvernement devraient s’intensifier ces prochaines semaines, à mesure que l’exécutif affine sa feuille de route sur l’aménagement du territoire et la transition écologique. Reste à savoir si un compromis pourra être trouvé pour concilier objectifs environnementaux et maintien de la connectivité aérienne dans toutes les régions françaises.



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