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Naval Group essuie un nouveau revers avec la perte du marché norvégien au profit du Royaume-Uni

Naval Group essuie un nouveau revers avec la perte du marché norvégien au profit du Royaume-Uni

Un nouveau coup dur frappe l’industrie navale française. Naval Group, le géant hexagonal de la construction navale militaire, voit une nouvelle fois s’éloigner un marché européen d’envergure après que la Norvège a officialisé l’achat de frégates de conception britannique, écartant ainsi la candidature française dans un appel d’offres très disputé. \n\nCe choix acté par le gouvernement norvégien marque une étape significative tant pour la coopération de défense européenne que pour la dynamique concurrentielle au sein de l’industrie du naval militaire. Depuis plusieurs mois, Oslo cherchait à renouveler sa flotte avec de nouveaux bâtiments de guerre capables de répondre aux besoins croissants en matière de sécurité maritime en mer de Norvège et dans l’Arctique. En lice, plusieurs acteurs majeurs du secteur, dont Naval Group, l’italien Fincantieri et le britannique BAE Systems, espéraient remporter ce contrat estimé à plusieurs milliards d’euros.\n\nLa décision norvégienne, annoncée ce mardi lors d’une conférence de presse conjointe de la Première ministre norvégienne Jonas Gahr Støre et du ministre de la Défense Bjørn Arild Gram, consacre donc l’offre britannique. Oslo a ainsi choisi quatre frégates Type 26, développées par BAE Systems, en coopération avec le Danemark. Outre la modernité des navires, la coopération industrielle et la promesse de retombées économiques locales semblent avoir pesé dans la balance. Les autorités norvégiennes ont notamment évoqué la proximité opérationnelle avec le Royaume-Uni, son engagement en faveur de la défense de l’OTAN et la possibilité de renforcer l’interopérabilité avec les autres marines nordiques et européennes.\n\nPour Naval Group, cette annonce s’ajoute à une série de déconvenues sur la scène internationale. Le constructeur français s’était pourtant positionné avec une offre jugée particulièrement compétitive, tirant notamment parti de l’expertise acquise avec le programme français des frégates FREMM et la récente signature de contrats avec la Grèce et la Croatie. Les équipes hexagonales mettaient également en avant le savoir-faire national en matière de systèmes d’armes et une collaboration amie avec la Norvège en matière de transferts technologiques. \n\nSi Paris n’a pas officiellement réagi à ce revers, plusieurs sources proches du dossier soulignent une certaine déception, rappelant le soutien constant de la France au renforcement des capacités de défense européennes. Sur le terrain industriel, Naval Group doit faire face à l’émergence d’une concurrence accrue, notamment des chantiers allemands, italiens et désormais britanniques, qui multiplient les alliances et s’adaptent aux exigences des nouveaux marchés. \n\nCe revers pourrait également relancer les discussions sur la nécessité de mettre en place une véritable politique d’achats en commun au sein de l’Union européenne afin de préserver la base industrielle et technologique de défense du continent. « Il est urgent de renforcer la coopération européenne afin d’éviter la fragmentation du marché dans une période de tensions accrues à nos frontières », estime un acteur du secteur.\n\nMalgré cet échec, Naval Group affirme vouloir poursuivre ses efforts à l’international tout en consolidant ses positions en Europe comme à l’export. Le groupe mise sur ses récents succès et sur l’innovation pour rester au cœur de la compétition mondiale dans un contexte marqué par la montée des investissements militaires et la multiplication des appels d’offres stratégiques.

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