Le Maroc confirme son attractivité auprès des investisseurs étrangers
En l’espace de six mois, le Maroc a su s’attirer l’attention de grands groupes internationaux par la concrétisation de deux importants investissements tricolores dans le secteur aéronautique. Après l’annonce en octobre dernier du lancement, par Safran, d’une nouvelle ligne d’assemblage de moteurs Leap pour Airbus à Casablanca, le groupe français a révélé en février un projet d’usine de trains d’atterrissage pour les futurs appareils de l’avionneur européen. Ces initiatives, loin d’être fortuites, traduisent la capacité du royaume à consolider son statut de plateforme industrielle majeure en Afrique du Nord.
Pour Nadia Fettah Alaoui, ministre de l’Economie et des Finances, ces annonces successives témoignent de la stratégie du Maroc : il ne s’agit plus simplement d’accueillir des sites de production, mais d’intégrer des partenariats de long terme, synonymes de montée en gamme et d’intégration accrue dans les chaînes de valeur mondiales. La ministre souligne que « l’automobile et l’aéronautique sont aujourd’hui deux réussites reconnues à l’international », illustrant le positionnement du pays en tant que partenaire industriel fiable, stable et en pleine expansion technologique.
Dans la perspective de l’année 2030, qui verra le Maroc co-organiser la Coupe du monde de football avec le Portugal et l’Espagne, le pays s’emploie à élargir ses ambitions industrielles. Outre l’automobile et l’aéronautique, le gouvernement mise sur le développement de nouveaux secteurs stratégiques. L’agroalimentaire, qui doit encore amplifier son potentiel, et l’industrie pharmaceutique figurent parmi les prochaines priorités, dans un contexte où la souveraineté sanitaire a gagné en importance depuis la crise du Covid-19. Par ailleurs, la transition vers les mobilités électriques et la valorisation des énergies renouvelables, déjà bien amorcée dans le mix énergétique, constituent des axes majeurs de diversification industrielle.
Le Maroc entend aussi éviter l’écueil d’une trop grande dépendance aux capitaux étrangers en renforçant l’intégration locale : dans l’automobile, le taux d’intégration dépasse déjà 60 %, grâce à un réseau de PME marocaines structuré autour des pôles industriels internationaux. Selon Nadia Fettah Alaoui, « la valeur créée au Maroc et la modernisation de l’écosystème entrepreneurial sont centrales » pour garantir la création d’emplois tout en favorisant l’innovation locale.
Parmi les atouts du royaume : une stabilité politique et macroéconomique saluée dans un contexte international incertain, un engagement fort dans la transition écologique depuis 2010, et des ressources humaines qualifiées – le pays compte environ 24 000 ingénieurs formés chaque année, bien que cette capacité doive être accrue pour répondre aux besoins croissants du marché. Les dispositifs de formation, en lien étroit avec le secteur privé, contribuent à une employabilité forte et à l’insertion durable des jeunes dans des chaînes de valeur mondiales.
Sur le plan international, le Maroc joue l’équilibre entre les grandes puissances économiques, tout en renforçant ses liens historiques avec l’Afrique. Le royaume est désormais le deuxième investisseur africain sur le continent, notamment en Afrique de l’Ouest, grâce à l’expansion de ses banques mais aussi par l’Initiative atlantique, destinée à promouvoir l’intégration et le désenclavement régional.
La discipline budgétaire revendiquée par la ministre affiche des résultats tangibles : après un pic de déficit public à 7 % du PIB en période de crise sanitaire, l’État prévoit de ramener ce ratio à 3,5 % en 2025, tandis que la dette publique reflue autour de 67,4 % du PIB. L’inflation demeure sous contrôle, à 0,8 %, et la croissance devrait atteindre 5 % l’an prochain. Parmi les défis majeurs persistent la nécessité de finaliser la transition verte, l’amélioration du système éducatif pour mieux former les talents, et la répartition de la croissance sur l’ensemble des territoires, afin de lutter contre le chômage des jeunes et favoriser le développement régional.
L’un des chantiers emblématiques reste le port de Nador West Med, dans la région de l’Oriental, qui vise à reproduire le succès logistique et économique de Tanger Med. En associant infrastructures, pôles industriels et partenariats régionaux, le Maroc compte créer de vrais écosystèmes durables générateurs d’emplois.
Si l’échéance de la Coupe du monde en 2030 ne modifie pas la feuille de route économique du pays, elle lui donne un horizon propice à l’accélération de projets déjà engagés, particulièrement dans les secteurs du tourisme et des infrastructures, et devrait contribuer à renforcer la dynamique d’investissement à long terme.



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